Pour une France sans futur.
Pourquoi la crise? Pourquoi cette folle inquiétude? Pourquoi ces trépidations, ces frénésies, ces sornettes d'alarme, ces unes unanimes qui colportent les pires à venir, annonçant des horizons
chargés de nuages noirs z'aux ventres z'increvables ? Oui? Pourquoi ces peurs des lendemains, cette angoisse de manquer, cette sensation de n'en avoir jamais assez, de n'être pas à la hauteur,
d'avoir été et d'être à côté de la plaque? Pour conjurer ce tombereau de peurs, pour n'y plus penser, certains roulent en Ferrari, d'autres vont travailler à la chaîne, d'autres vont voir des
prostituées, d'autres partent en croisière sur des yachts grand luxe, d'autres se préparent des décoctions à base de plantes... Mais rien n'y fait: la crise et son cortège de peurs demeurent! Les
névroses enflent. Et les prédictions quasiapocalyptiques s'empilent. Approximativement dans 100 et 250 ans, il n'y aura plus de pétrole ni de gaz ! Merde! Comment fera-t-on? L'homme moderne croit,
sublime dans sa naïveté, qu'il a les moyens de régler les comportements de six ou sept milliards d'habitants cohabitant en ce samedi Il octobre 2008. Sept milliards, ça se gère. No problem. La
globalisation, c'est fait pour ça. Il existe sûrement un moyen de mettre tout le monde au pas... L 'homme moderne croit aussi qu'il a le pouvoir d'influer sur ce qui prendra forme aux XXIIe et
XXIIIe siècles après Jésus-Christ! Pourtant, nous en sommes très loin - et de Jésus-Christ et du XXIIle siècle!
Que l'on soit visionnaire, d'accord, mais cette vertu a ses limites. Il peut s'en passer des choses en deux siècles. Il ne peut même que s'en passer. D'ailleurs que reste-t-il réellement à ce jour
des XVIIIe et XIXe siècles aujourd'hui loin derrière nous - pas comme s'ils n'avaient jamais existé mais presque? À chaque siècle ses revers et ses progrès! Tout aussi bien pourrions-nous
déblatérer sur les attitudes à avoir lorsque la Terre ne tournera plus... Lorsque les poules auront des dents, il sera toujours temps de se préoccuper de leur dégotter un bon orthodontiste.
Pourquoi vouloir à tout prix se projeter dans les siècles et les siècles?
C'est ici et maintenant que ça se passe! Certes, c'est un grand mérite que de prévoir, d'anticiper, c'est le rôle des grands sages, des dirigeants, des politiciens, voire des métaphysiciens et des
théologiens. Nous ne parlerons pas des chamanes ni des druides ou des oracles... Mais en l'occurrence, l'os est à nu lorsque les prédictions sont non seulement mauvaises mais de plus fondées sur un
système qui l'est tout autant. Et ça fait d'autant plus mal quand aucune solution n'est avancée. Ô impuissance des puissants! Bref, ce n'est dès lors plus ni de prévision ni de réforme dont il y a
besoin mais de bon sens et de bonté. L'humanité n'en est pas démunie. Alors pourquoi s'en faire et s'arracher les cheveux? Simplement, il y a, vous l'aurez compris, certaines valeurs fondamentales
- qui pour être anciennes n'en sont pas pour autant obsolètes - dont le blason est à redorer (citons au hasard 1'h ospitalité, la simplicité, la gentillesse...).
Énumérons: « Rien ne va plus: les Bourses s'écroulent » ; « La machine s'emballe: les marchés déraillent » ; « L'Europe ne peut accueillir toute la misère du monde, à peine estelle capable
d'importer des bidules et des machins fabriqués en Asie»; « Les petits actionnaires s'affolent: jusqu'où les cours baisseront-ils? » « Irions-nous tête baissée vers la fin d'un système, celui du
capitalisme? » Ça s'agite à tout-va; ça ballotte dar:s les sphères boursières. Une vraie fourmilière éventrée par un tapir! Économistes et autres financiers de haute-voltige qui jonglent avec les
milliards et les cotes font un tel cinéma qu'ils frôlent le grand art, faisant de banqueroute et de fortune les deux revers d'une même médaille en plaqué-or. Sur une même planète cohabitent des
univers différents. Ça a son charme... Mais j'ai du mal à compatir... Et « avec ces enfoirés de chômeurs qui grèvent l'économie, qui paiera la retraite des seniors? » Et « avec le réchauffement
climatique comment les juniors s'en sortiront-ils? »... La banquise fond, la mer monte, les Maldives vont disparaître ainsi que le Bangladesh et la Floride... Ô doux amalgames reflets d'une époque
qui n'ose pas prendre de recul pour se jauger et repartir du bon pied! Le développement durable lui-même est devenu l'ultime concept d'une génération décidée à tirer jusqu'au bout sur la corde.
Làbas, en Afghanistan fait rage la guerre contre ces salauds d'étudiants qui ne savent pas quoi étudier (étudiants = taliban en afghan auxquels pour l'instant on propose les études conjointes de la
balistique et de la chirurgie réparatrice)... Là-bas, et ici, Al Qaïda et le péril islamiste font grelotter les bonnes âmes qui craignent de voir les bleus, les turquoises et les émeraudes de la
mer Méditerranée être remplacés par le rouge vermillon du sang versé si jamais les rapports de force s'inversaient - car, sait-on jamais: Algériens, Libyens et autres Tunisiens assoiffésd e
vengeancep ourraienta voir envie d'envahir le Vieux Continent pour y porter le fer! Ils viendraient violer nos femmes, égorger nos enfants et braquer nos Peugeot 407 !
Oui: le FUTUR, visiblement, ça craint! Alors pourquoi ne pas s'en passer! et se contenter d'un présent qui honore ses promesses au lieu de s'encombrer d'un avenir qui sent le moisi? Testé pour vous
par nos plus éminents chercheurs, cette suppression du FUTUR est la garantie! le remède! la clé pour une vie radieuse! Il faudrait en parler à nos pontes de l'Académie française et du Ministère de
l'Éducation nationale. Plutôt que de voter des lois contre les immigrés ou de réduire les effectifs de-ci de-là, il suffirait d'abolir le FUTUR, purement et simplement l'ôter des Bescherelle et des
manuels scolaires d'abord, puis de nos pensées ensuite. « No future! » Les punks et les dandys avaient raison: nous sommes aujourd'hui. Et ce, pour l'éternité. Ni plus ni moins.. Bonne lecture.
Sri (Ç) octobre 2008
Derniers Commentaires